Ramen tes drêches et le Tremplin Singulier

ramen tes dreches

Qu’est ce que le Tremplin Singulier ?

chloé roumy

Chloé Roumy
Co-fondatrice, & Directrice du développement @intuitu.paris et membre du jury du Tremplin Singulier

Le Tremplin Singulier, un projet qui a été élaboré entre Intuitu et Les Studios Singuliers

L’idée de départ a été pour nous, à l’époque partenaires depuis quelques mois, de créer un pont entre l’espace d’accueil des jeunes pousses et les clés, le contenu nécessaire à leur réussite. 

Nous avons ouvert le concours aux entreprises de l’ESS ayant moins de 3 ans d’existence, étant sous un seuil de marge annuelle de 80K, avec un besoin de structuration pour avancer plus loin, sereinement. 

Nous avons pré sélectionné sur dossier les cinq candidats finalistes invités à pitcher devant notre jury d’experts : le réseau Studios Singuliers ainsi que des experts du collectif Intuitu.

Chacune des startups a pu repartir avec un lot incluant de l’hébergement aux Studios Singuliers, et des sessions d’accompagnement animées par les experts du collectif Intuitu. 

Et c’est Sabrina, fondatrice de Ramen tes drèches, qui a su gagner le cœur du jury. Lauréate de cette première édition du Tremplin Singulier, Sabrina a su apporter fraîcheur, enthousiasme, humanisme et force dans son projet !

Personnellement, j’ai aimé son audace : partir d’un produit standard pour en faire une telle innovation. Avec, en fond, des valeurs humanistes fortes : nourrir les gens.


Sabrina Michee
Fondatrice @ramentesdrêches

J’ai fondé Ramen tes Drêches il y a 3 ans. Je suis fabricante de nouilles … mais de nouilles un petit peu spéciales ! 

Ramen Tes drêches, c’est quoi plus exactement ? 

Ce sont les premières nouilles qui recyclent les céréales du brassage de la bière, des céréales que l’on appelle des drêches. En fait, Ramen Tes drêches, c’était un défi qui aujourd’hui est réussi, de transformer ces céréales en ramen, en nouilles. 

Les drêches de brasserie, c’est le reste du malt d’orge préalablement plongé dans l’eau à 70 degrés pendant 1h. Le brasseur filtre et conserve cette eau sucrée, qui deviendra de la bière. Il reste alors un très gros volume de ces céréales que l’on appelle des drêches, un co-produit qui ne sert pas au brasseur mais au potentiel nutritionnel incroyable. Nous récupérons les drêches de brasserie directement au pied de la cuve des brasseries  artisanales proches de notre atelier, elles sont déshydratées puis moulues en farine intégrale. Cette farine sert à la fabrication de nouilles, formées en “nids” et conditionnés pour différents modes de consommation : en sachet individuel avec un assaisonnement fait-maison (3 sauces disponibles aujourd’hui) pour une version nomade, rapide et pratique à cuisiner ; en version “familiale” incluant 4 nids sans sauce, à cuisiner à sa guise ;  en vrac pour les boutiques mais également pour les restaurants.

Nous commercialisons depuis peu de la farine qui peut s’intégrer à des préparations salées ou sucrées comme des gâteaux, des crêpes, etc. Nous travaillons à l’élaboration d’un bouillon pour compléter notre gamme de sachets individuels. Il sera peut-être possible de déguster des coquillettes et des crozets aux drêches… 

On peut retrouver nos produits dans les magasins bio, comme les Biocoop, La vie Claire, les Nouveaux Robinsons majoritairement en Ile de France, des caves à bière, des épiceries, des boutiques spécialisées et quelques restaurants.

D’où t’es venue cette idée ? 

J’étais chargée de communication dans un grand groupe international et je ne trouvais plus de sens à mon travail, mais j’avais l’envie d’être utile et de “créer” sans savoir encore quoi… J’ai quitté mon job et j’ai fait un trek dans l’Himalaya, où j’ai mangé beaucoup de nouilles instantanées et c’est aussi là que j’ai découvert les ramens, ce plat japonais à base de nouilles dans un bouillon. J’ai terminé ce périple avec un bénévolat aux Philippines où le déséquilibre alimentaire était marquant. 

Je suis également amatrice de bières artisanales et j’ai découvert les drêches de brasserie au détour d’une journée portes ouvertes d’un brasseur à côté de chez moi. J’ai réalisé le volume impressionnant de ce coproduit céréalier généré à l’issue du brassage de la bière, des céréales encore riches en nutriments (protéines, fibres, minéraux) pourtant sous-exploitées en alimentation humaine. C’est apparu comme une forme de gâchis à mes yeux et cela m’a donné l’envie  de recycler et valoriser ces drêches en un aliment nourrissant qui ait du sens.

Où en es-tu dans ton processus ? 

Aujourd’hui,  notre atelier de production de 200m2 est situé à Romainville dans le 93. 

Notre petite équipe de pirates s’est formée récemment : Théo l’ingénieur R&D et production depuis septembre, suivi de Julien sur la partie production, ainsi qu’Oriane pour une courte période, enfin Nina au niveau commercial. Nous intégrerons prochainement un stagiaire  qualité et nous recruterons au moins un(e) agent(e) de production ainsi qu’un profil d’Office Manager dans les mois à venir.

Aussi, j’ai intégré un laboratoire d’innovation culinaire qui s’appelle le Food’Inn Lab et qui est lié à l’école agroalimentaire Agroparistech. Ça a été une vraie aide technologique et scientifique grâce aux enseignants chercheurs, aux étudiants et aux accompagnants sur le projet

Comment as tu été amené à participer au Tremplin Singulier et qu’est ce que cela t’a pas apporté ? 

J’avais, à cette époque, besoin de confirmer que le projet était intéressant, que j’allais dans la bonne direction et j’avais besoin d’un coup de pouce en visibilité et en accompagnement, c’est pour ça que j’ai postulé au Tremplin Singulier, qui porte bien son nom car ça a été un vrai tremplin !

J’ai pu rencontrer Chloé et Laurent qui ont donné ce gros coup de pouce à l’entreprise en me permettant de faire une levée de fond d’amorçage suffisamment conséquente pour pouvoir  nous permettre d’acheter des machines et installer un vrai atelier de production. Ils m’ont accompagné sur toute la partie stratégie, business plan, recrutement et vraiment tous les aspects de l’entreprise à un moment où j’étais en flottement et je ne savais pas si ça allait vraiment marcher et où je me sentais seule dans le projet. 

Nous travaillons toujours ensemble aujourd’hui.

Laurent et Chloé d’Intuitu sont des entrepreneurs aguerris mais aussi des personnes très humaines, bienveillantes et à l’écoute des besoins de l’entreprise, de la vision de ton projet. Ils ont été un réel soutien. 

Grâce au concours, j’ai eu accès aux bureaux des Studios Singuliers : un environnement très bienveillant, des gens sympathiques et un lieu agréable où travailler. 

Le coworking aux Studios a l’avantage de permettre la rencontre d’autres entrepreneurs et de ne plus se sentir seul. Il y a une dynamique d’entrepreneurs qui fait avancer les choses et c’est très agréable. On peut piocher dans les compétences de chacun pour avancer. 

Quel est ton plus grand rêve ?

D’embarquer sur un voilier faire le tour du monde ! 

Et pour Ramen tes drêches, j’aimerais que l’entreprise perdure, qu’on recrute des personnes à terme éloignées de l’emploi pour avoir une utilité dans l’économie circulaire mais aussi d’utilité sociale. 

L’un de mes rêves serait que l’on puisse dupliquer ce modèle dans d’autres pays, notamment des pays en développement où il y a des difficultés sur la partie alimentation et permettre ainsi de créer de l’emploi sur place. 

Il y a de la bière partout dans le monde, peut-être que c’est possible !

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