Interview de Cathy Guillemin

Fondatrice de l’école de Théâtre « In Family School »,
Metteur en scène, scénariste, réalisatrice
Cathy Guillemin, qui es-tu ?

Je m’appelle Cathy Guillemin et je suis multi-casquettes dans le Théâtre et le Cinéma. Dans le Théâtre, je suis metteur en scène depuis 2003 et dirige la compagnie professionnelle « Comme c’est bizarre ». Depuis 3 ans, je donne des cours de Théâtre et ai fondé ma propre école : « In Family School » ! Aux Studios Singuliers, j’enseigne à des amateurs, que j’emmène jouer ensuite sur les scènes parisiennes et au Festival d’Avignon, pour faire vivre le Théâtre avec eux, tout au long de l’année. Dans le Cinéma, je suis scénariste de longs métrages et réalisatrice, sur 6 courts métrages jusqu’à présent, dont « Casting », co-réalisé aux Studios Singuliers avec Céline Solignac, avec qui je travaille beaucoup.

cc18ddd261414bdebcf1cf57ff43ab3fPeux-tu nous en dire un peu plus à propos de In Family School ?

J’étais professeur dans une autre école et avais décidé d’arrêter pour me consacrer au Cinéma. Mes élèves m’ont dit qu’il était hors de question que je les abandonne. J’ai accepté de former un groupe, puis deux, trois, jusqu’à penser que je devrais peut-être créer mon école. Mes élèves m’ont dit que c’était déjà le cas : « In Family School » est née comme ça. Tout de suite, les Studios Singuliers m’ont soutenue, en me proposant un espace de coworking et des salles disponibles le soir. J’ai découvert cet espace assez dingue ! Ça a été une vraie rencontre. Je trouve que l’on y propose une véritable qualité de travail. D’ailleurs, depuis mon arrivée, pas mal de projets artistiques se montent ici et je trouve ça génial.

Tout le monde peut s’inscrire chez In Family School ? Même les débutants ?

Oui. Au départ, si leur niveau ne permet pas que je les emmène jouer à Avignon ou dans un Théâtre, je monte dans tous les cas un spectacle avec eux qui nous jouons plusieurs fois en juin. L’année suivante, ils auront forcément progressé et à un moment donné : BAM ! Ils sont prêts pour les scènes parisiennes.

Quelle est ton approche ? Ta pédagogie ?

Je n’ai pas de méthode. J’y crois, ou je n’y crois pas. Quand un élève est sur le plateau, qu’il me présente quelque chose, je vais tout de suite lui dire si ça me parle, si c’est sincère, si ça marche, ou pas. Si je n’y crois pas, je leur explique où il y a un problème et nous trouvons ce qu’il faut faire pour que ça marche. Quand j’y crois, je me dis que les spectateurs y croiront aussi. Je travaille beaucoup sur le naturel, sur l’instinct. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe à l’instant T, c’est l’accident de travail, le spontané. Je n’aime pas les artifices. Je n’aime pas truquer les choses. Je trouve que l’on va beaucoup plus loin quand on travaille sur la vérité, sur le vécu. Pourquoi tu rentres sur le plateau ? Qu’est-ce que tu as à raconter ? C’est tout ce qui m’intéresse.

Ça change des cours plus conventionnels : les élèves doivent apprécier !

Ils adorent. Au départ, ils font souvent de la comédie, du gag, assez loin du réel. Spontanément, je vais plutôt les guider vers ce qui les met en danger sur un plateau. Au début, ils ont peur. Ils ont l’impression de vivre un truc énorme, de donner quelque chose dont ils ne se sentaient pas capables. C’est ce que je vais chercher chez eux. Et puis, chaque comédien est singulier. Je m’intéresse à chaque personnalité et m’implique pour que chacun donne sa propre personnalité, se dépasse soi-même, d’une manière à chaque fois différente. Les élèves sont tous différents. Du coup, ils aiment le fait que je m’intéresse à eux, à qui ils sont, eux, précisément, individuellement.

de31ba_35d8045c865543ef8d5c71a4c26711ddQuels sont vos projets en cours ?

En ce moment, un de mes groupes joue « Cuisine & dépendances », de Jean-Pierre Bacri et Agnes Jaoui, au théâtre de Nesle. Nous travaillons aussi sur une œuvre des mêmes auteurs, « Un air de famille », que nous jouerons tout l’été, du mercredi au samedi, à La Folie Théâtre, où nous proposerons un cycle Bacri et Jaoui. Par ailleurs, je suis en train de monter 3 autres pièces avec d’autres équipes, qui seront présentées au public en juin 2016 et que nous emmènerons au Festival d’Avignon :

  • « Un mari idéal » d’Oscar Wilde, programmé ensuite à Paris fin juillet 2016
  • « Commentaire d’amour » de Jean-Marie Besset
  • « Indépendance » de Lee Bleesing, joué également en septembre 2016

Et dans le Cinéma, je suis en cours d’écriture de 3 longs métrages en collaboration avec mes co-scénaristes.

Comment vis-tu les Studios Singuliers et ce nouveau mode de travail qu’est le coworking ?

Il y a 2 ans, j’ai rencontré les Studios Singuliers. Au départ, je ne savais même pas ce que voulait dire « coworking ». Ça a été une vraie rencontre. Ça rejoint complètement mon univers. Dans le milieu artistique, c’est toujours un peu à la débrouille. Il y a toujours quelqu’un qui va aider parce qu’il a une caméra, l’autre qui a un pied, l’autre qui va filer un coup de main pour le montage, ou quelqu’un qui va nous prêter une salle, etc… Je trouve que le coworking, mine de rien, permet à toutes ces startups émergentes, qui n’ont pas encore les investisseurs derrière elles, de se rencontrer et d’associer différents corps de métiers pour monter d’énormes projets. Avant, j’avais une image de l’entreprise hyper-cadrée, avec chacun sa place, son niveau hiérarchique. Là, ça devient presque funky ! Tu peux solliciter d’autres personnes pour réaliser une idée. On peut unir nos forces, nos travaux, dans le coworking. Je trouve ça génial. Et ça fait des années que je bosse comme ça. Dans le Cinéma indépendant, c’est comme ça que tu peux arriver à sortir un film. Quand on est une startup émergente, on a besoin d’aide. C’est ce que permet l’espace de coworking. C’est de l’entraide. Limite du troc ! Une fois que l’on acquiert ces bases en coworking, avec de vraies armes, de vrais pros, on peut aller chercher de gros investisseurs, avec quelque chose de solide à leur montrer.

“ C’est comme si le coworking t’aidait à réaliser tes premiers courts métrages, avant de te lancer dans le long métrage de ton entreprise. “

Que penses-tu de l’Agence Plurielle, l’agence de coworkers lancée par les Studios Singuliers ?

C’est toujours intéressant de rencontrer des gens motivés par le fait de partager leurs savoirs. Je trouve cela forcément porteur. Pour moi, ce sont les gens qui ne s’auto-suffisent pas qui réussiront et réaliseront les plus beaux projets. Moi, j’ai besoin des autres. Parfois, les autres, me demandent de les aider et je le fais avec plaisir. On ne peut pas avancer tout seul. Même si je travaille comme une dingue et que je suis le leader de mes projets, de tout ce que je crée, je n’ai pas envie de rester toute seule à le faire : cela n’aurait aucun sens, aucun intérêt. Il y a un espace, ici, qui est dingue. Pourquoi ne pas continuer de l’ouvrir et de faire plein de choses ensemble ? Si on s’associe, on pourra aller toujours plus loin.

Pour aller plus loin :

www.cathyguilleminfamilyschool.com – voir la page facebook

À NOTER ! À partir de septembre, Cathy Guillemin proposera de nouveaux cours à l’In Family School, avec des cours d’impro, de one-man, de Comédie Musicale et de danse. 

PCK


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