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Des origines du hardware à l’internet des objets connectés

Des origines du hardware
à l’internet des objets connectés

Présentation de Matthias Sicard, Regional Sales Manager West Europe chez Fairchild

Chers geeks, amis du hardware, fondus d’électronique et d’objets connectés : ce billet est pour vous ! Lors du dernier Mercredi Singulier, Matthias Sicard, ingénieur en électronique et directeur des ventes chez Fairchild, startup pionnière de la Silicon Valley, est passé dans notre espace de coworking pour nous retracer cette folle Histoire, de l’avènement de l’électronique à l’aube de l’internet des objets. Magistral !

Vous reprendrez bien un peu de silicium

Peu connu du grand public, le silicium a pourtant donné son nom à la célèbre Silicon Valley. Extrait de l’oxyde de silicium présent dans le sable, c’est le principal élément chimique à partir duquel sont fabriqués les composants électroniques de la famille des semi-conducteurs. Semi quoi ? Par une excitation à un endroit précis, le silicium peut se mettre dans des niveaux d’énergie différents, pour devenir conducteur ou isolant : semi-conducteur ! Grâce à cette propriété du silicium qui le compose, le transistor, l’une des pièces maîtresses de l’électronique, comprend 3 zones : pour faire passer le courant, le bloquer ou l’inverser. Et devinez de quoi est fait un micro-processeur ? Un assemblage des transistors de type N (faire passer ou bloquer le courant) et de type P (inverser).

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Naissance de l’informatique

Et oui ! En les combinant, fut obtenu l’inverseur logique, découvert dans les années 1950, ce qui a marqué la naissance du binaire et de l’informatique. En 1957, Fairchild, l’une des startups pionnières de la Silicon Valley, inventa le premier circuit intégré. Les opérateurs logiques “et”, “ou”, “inversion” ont donc été appliqués au passage ou non du courant : 0 ou 1. Ensuite, pour effectuer tous types de calcul, l’unité arithmétique et logique (ALU), câblée de manière différente, fut créée. Un peu plus tard encore, des chercheurs sont parvenus à ajouter de la mémoire à ce genre de circuits : ainsi sont arrivés les premiers micro-contrôleurs (mémoire intégrée) et microprocesseurs (mémoire externe), fonctionnant grâce au passage du célèbre “bus” : système de communication entre composants permettant d’aller chercher des données dans la mémoire, de les amener pour effectuer des opérations et de renvoyer les résultats à d’autres adresses.

Hors la loi de Moore ?

Plus la gravure d’un processeur est fine, plus il tourne vite. Quand on parle de taille de gravure, il s’agit en fait de la largeur du canal du transistor. Aujourd’hui, des canaux de 22 nanomètres sont produits : très bientôt, nous passerons à 14 nanomètres, ce qui est infiniment fin et risque de mettre au placard la fameuse loi de Moore ! Ce M. Moore, l’un des fondateurs de Fairchild, avait prédit que l’on réduirait du double la taille de gravure tous les deux ans. Or, avec 14 nanomètres en prévision, nous arrivons à la limite physique permettant le passage du courant. Mais comment consommer toujours plus avec moins de puissance de traitement ? De nouveaux matériaux sont à l’étude, comme la molybdénite. Les scientifiques parlent aussi de nano-tubes de carbone, ou de transistors en 3D.

La connectivité des choses

nabaztag1Qu’est-ce qu’un objet connecté ? Stricto sensu, cette expression désigne tout objet électronique, hors téléphones ou ordinateurs, ayant une capacité de traitement et étant connecté à internet. Les premiers furent les étiquettes électroniques RFID (Radio Frequency Identification), utilisées pour les antivols. Mais n’oublions pas le lapin Nabaztag créé par Violet en 2006 et considéré comme le premier véritable “objet” connecté. Dans les années 2010, la réduction des coûts de fabrication et une hausse de la demande ont engendré la prodigieuse multiplication de ces petits bijoux de technologie et de leurs capteurs : de température, son, image, mouvement, humidité, etc… Ces capteurs transmettent l’information analogique au micro-contrôleur, qui la transforme en signal électrique, transmis à son tour par internet via la radio de l’objet. Bienvenue dans l’ère de la connectivité des choses…

Les nouveaux objets connectés

Parmi ceux qui existent, beaucoup d’objets connectés sont axés sur la santé et le bien-être. Mais ce n’est un secret pour personne : nous sommes en train de nous diriger tout droit vers cette époque où il y aura un de ces techno-machins pour tout. Et n’importe quoi… La géolocalisation par GPS, la miniaturisation et l’optimisation de la consommation d’énergie avaient déjà repoussé leurs limites. Aujourd’hui, un micro-contrôleur est fabriqué avec applications incluses. Demain, les logiciels de CRM (Customers Relationship Management), comme celui développé par Salesforce, collecteront dans le cloud un maximum de ces informations captées en temps réel. La conception même d’un objet connecté est en train de se démocratiser : startup ou particulier, vous n’aurez plus qu’à vous occuper de la partie applicative et commander la fabrication externalisée de votre lanterne magique.


Quelle fin ?

Le débat de fond sur ces objets, souligne Matthias, est vraiment le problème de leur utilité. Les investisseurs commencent à se poser des questions. Pourquoi poser des capteurs sur tout ? Les industriels, acteurs du tertiaire et gouvernements peuvent y trouver beaucoup d’intérêt. Et les usagers ? Par exemple, en utilisant les données de ces capteurs, certaines compagnies d’assurance américaines se préparent à individualiser les risques pour mieux les monétiser. Beaucoup de monde s’inquiète aussi quant à la sécurité et à la confidentialité de ces données. Chaque objet connecté est un système piratable en puissance. L’encryption permettra peut-être de limiter les failles. Mais la vie privée de chacun n’aura jamais été autant exposée. Et que faire de toutes ces datas ? En 2020, l’ensemble de ces objets et ordinateurs produira 40 Zeta octets ! Certes, technologiquement parlant, tout est possible. Mais quel choix de Société fera t-on, ou fera t-on pour nous ? Big Brother is getting bigger !

PCK

Pierre Chanel Kilama

fondateur de Textaz.com développe une nouvelle forme d’écriture créative et collaborative : le Co-Writing. Texteur tout terrain, il met sa plume au service des Studios Singuliers et s’évertue à connecter celles des autres. 

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Comments 2

  1. Pingback: Des origines du Hardware à l’internet des objets | Textaz.pro

  2. A mon avis, la question posée par les investisseurs est en réalité une très bonne question. En fait, la création des différentes sortes d’objets connectés pourrait bien nous simplifier la vie. Toutefois, ils peuvent aussi être de vraies sources de complication dans la mesure où personne ne sera plus entièrement à l’abri des pirates informatiques. Et éventuellement, il n’y aura plus de vie privée.

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