Mercredi Singulier de Noosfeer

Noosfeer : accédez à l’information partout, sans connexion internet !

Compte rendu de l’intervention aux Studios Singuliers
de David Gordillo, fondateur de Noosfeer

Par quels canaux d’informations suivez-vous les dernières tendances de votre secteur d’activité, les actualités dans votre domaine ? Si l’accès à internet devenait subitement très limité dans votre région, voire inexistant, comment feriez-vous ? Bienvenue dans le quotidien de beaucoup de pays émergents, où smartphones et tablettes se multiplient, alors que, paradoxalement, l’accès au réseau reste difficile. Et c’est dans ce contexte qu’est née l’application Noosfeer, plate-forme de partage de l’information, sans connexion internet !

Et là, ça ne capte pas…

NoosfeerDoctorant en France il y a quelques années, David Gordillo partit rendre visite à sa famille en Colombie. Une fois arrivé, il voulut partager ses dernières publications avec ses amis et collègues étudiants. Mais là-bas, internet n’est pas toujours disponible. En dehors du réseau de l’université, il s’est rendu compte qu’il fallait payer non moins de 40 € par article à télécharger ! Sur le coup, David s’est senti indigné. Dans de telles conditions, comment les chercheurs, innovateurs, startups peuvent-ils développer leurs recherches, leurs activités, leurs nouveaux produits, sans avoir accès aux informations stratégiques dans leurs domaines en temps réel ?

Comment rester “in”, même en “off” ?

C’est ainsi que David eut d’abord l’idée de créer une plate-forme de partage d’articles scientifiques, alors que le mouvement Open Source en était encore à ses débuts. Avec son équipe, il s’est lancé dans le développement d’une technologie permettant d’optimiser le transfert d’informations sans dépenser beaucoup de données mobiles et même sans connexion permanente à internet. Il suffit de se rendre dans un point d’accès, tel qu’une bibliothèque, une université, pour que l’application se synchronise. Ensuite, vous n’avez plus qu’à lire tranquillement votre contenu, quand et où vous voulez, même en “offline” ! Magique, non ?

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De plus en plus d’utilisateurs !

Lors des premiers essais en Colombie, au début de l’année 2015, Noosfeer comptait 2 000 beta-testeurs. Aujourd’hui, déjà plus de 70 000 utilisateurs s’y connectent, principalement en Amérique Latine, en Afrique et en Asie. Maintenant, David et son équipe se demandent comment passer à la vitesse supérieure, pour toucher beaucoup plus de personnes, notamment ceux qui viennent d’acquérir un smartphone, ont un accès partiel à internet et ne connaissent pas leur plate-forme. Or, ce n’est pas une mince affaire, étant donné que ce public cible si singulier ne peut justement pas être atteint en ligne. Rien de mieux qu’une bonne vieille campagne “IRL”, de terrain, dans les écoles, les universités.

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Une technologie astucieuse et économe

Afin de rester compatibles avec un maximum d’appareils, plus ou moins récents, Noosfeer a été développée sous la forme d’une application web, en passant par le navigateur et en utilisant des protocoles de HTML datant de 2009. C’est donc complètement transparent pour les utilisateurs, comme s’ils se connectaient à internet, avec un bouton pour lire “offline”. Par ailleurs, les articles de Noosfeer consomment 20 fois moins de données mobiles que la moyenne ! Cette technologie permet de ne garder que le contenu, l’information, de chaque article. L’équipe de Noosfeer travaille aussi sur un système de suggestions, en fonction des centres d’intérêt de l’utilisateur. Des contacts ont même été pris avec le géant Wikipédia, ainsi que plusieurs gouvernements intéressés, en vue de nouvelles perspectives de développement.

Un business model éthique et performant

Quant au modèle économique de Noosfeer, celui-ci est encore en devenir. Ce qui est sûr, c’est qu’en permettant aux entreprises, aux chercheurs et plus largement aux citoyens de nombreux pays émergents d’accéder à l’information récente, Noosfeer leur offre une clé pour rester compétitifs sur leurs marchés, dans leurs secteurs d’activités, et par là, répond déjà à une forte demande ! En promouvant la circulation des idées dans le monde, Noosfeer diffuse également des contenus sponsorisés : à condition qu’ils apportent de la valeur, au-delà de la pure publicité, comme des posts de blogs d’entreprise. Dans ce cas, les utilisateurs ne le voient pas comme du contenu commercial. Et afin de ne pas céder à l’hégémonie des entreprises ayant payé pour diffuser leurs contenus, l’algorithme de Noosfeer a été conçu pour donner la priorité à l’acceptabilité des utilisateurs, avant tout.

Vers une conscience humaine planétaire…

Investie de cette mission de la démocratisation de l’accès à l’information récente dans des zones peu connectées, Noosfeer a donc une forte dimension sociale. Un autre enjeu important est de diffuser du contenu venant des pays émergents vers les pays occidentaux, et non à sens unique. Pour cela, au quotidien, Noosfeer scanne environ 10 000 sites comme sources d’informations, ainsi que les propositions de ses utilisateurs, en essayant toujours de capter leurs tendances, leurs centres d’intérêt, afin de répondre au mieux à leurs besoins, grâce à un système de filtres. Pour l’instant, les thèmes majeurs relayés sont ceux de l’innovation, de l’entreprise, de la technologie et de l’éducation. Demain, la noosphère s’élargira encore, jusqu’à incarner peut-être ce concept de Teilhard De Chardin, qui lui a donné ce nom : une conscience humaine planétaire, partagée par tous, accessible partout.

Pour aller plus loin

Le site internet de Noosfeer : http://noosfeer.com/
Installation onglet Noosfeer sur Google Chrome : par ici
Télécharger l’application Noosfeer : Android – Apple Store

PCK

Pierre Chanel Kilama

fondateur de Textaz.com développe une nouvelle forme d’écriture créative et collaborative : le Co-Writing. Texteur tout terrain, il met sa plume au service des Studios Singuliers et s’évertue à connecter celles des autres. 

 

 

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